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PRINCIPES DE TRAITEMENT
DES PRINCIPALES ANOMALIES CRANIOFACIALES
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Les cicatrices visibles sont évitées
au maximum. L'abord principal du squelette craniofacial s'effectuera
au travers des cheveux. Les cheveux ne sont pas rasés. Une
longue incision est faite d'une oreille à l'autre, assez
loin en arrière, en zigzag sur les tempes. On obtient ainsi
un bon accès aux zones à corriger et la cicatrice
finale est pratiquement invisible.
Une ouverture supplémentaire est effectuée
assez souvent au niveau des paupières, sans aucune cicatrice
si l'incision est faite à l'intérieur, ou avec une
cicatrice presque invisible sous les cils. Parfois une ouverture
est faite également à l'intérieur de la bouche,
au travers de la muqueuse de la lèvre supérieure.
Dans quelques cas de malformations importantes du
nez, une incision sur l'arête nasale pour enlever un excédent
de peau ou corriger une déformation, est nécessaire.
Très exceptionnellement, une incision sur le front, les paupières,
ou les joues peut être également nécessaires.
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Craniosténoses
- Remodelage Frontocranien |
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Le crâne déformé va être corrigé
en déposant les parties anormales et en les remettant en
place après correction, fixées précisément
en bonne position.
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Une technique différente est utilisée
pour chaque type de craniosténoses
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Principaux types de craniosténoses
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Brachycéphalie
(front reculé et vertical).
Un avancement de la partie supérieure des orbites est réalisé,
et le front est repositionné au-dessus.
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Correction précoce d'une brachycéphalie:
Front et bandeau orbitaire sont déposés et avancé
de 20 mm.
Les fixations sont faites au niveau du massif facial et du front.
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Oxycéphalie (front basculé
en arrière et sommet du crâne pointu).
Il s'agit habituellement d'une déformation tardive, apparaissant
entre 3 et 5 ans. La correction est obtenue par la bascule et l'avancement
de la partie supérieure des orbites et la correction frontale.
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Exemple de correction chirurgicale d'une oxycéphalie.
Dépose du bandeau orbitale A, qui est ensuite basculé
vers l'avant. Dépose du front B, échangé avec
un volet C de courbure harmonieuse.
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Plagiocéphalie (asymétrie
du front, des orbites, du nez).
Une correction bilatérale est effectuée, en avançant
le côté reculé et en reconstruisant un front
- en une pièce - en position normale.
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Exemple de correction chirurgicale d'une plagiocéphalie
droite.
Dépose du bandeau supra-orbitale A, qui est remodelé.
Dépose du front dysmorphique B, qui est remplacé par
un volet C de courbure harmonieuse.
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Scaphocéphalie (rétrécissement
transversal et élongation).
Pendant les premiers mois de vie, une simple intervention d'élargissement
de la partie centrale sténosée du crâne est
suffisante. Plus tard, et dans quelques formes sévères,
un remodelage frontal et postérieur doit également
être réalisé.
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Trigonocéphalie (front
triangulaire avec une crête médiane).
Le front est corrigé en redressant le bord supérieur
des orbites et en recontruisant un front plat.
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Avancement
de la Face |
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Le plus souvent il s'agit d'avancer toute la partie moyenne de la
face, le nez, les pommettes, et les dents supérieures. On
réalise une ostéotomie dite " Le Fort III ".
Parfois, on réalise un " Le Fort II "
qui laisse en place le nez quand celui-ci est en bonne position.
Un " Le Fort I " n'avance que les dents
et le maxillaire supérieur. Il s'effectue uniquement par
l'intérieur de la bouche.
Un " monobloc " avance à la fois
le front et la face.
Une distraction progressive est utilisé dans
certains cas pour placer graduellement les os libérés
en bonne position.
(Cf chapître « Distraction »)
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Le Fort
I
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Le Fort
II
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Le Fort
III
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Monobloc
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Correction
de l'Hypertélorisme - Rapprochement et Déplacement des
Orbites |
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Il s'agit de rapprocher les orbites - et les yeux - en réséquant
la partie médiane élargie du nez.
Les orbites sont libérées par une ostéotomie
circonférencielle.
Parfois, on va réaliser une " bi-partition
" avec une incision entre les incisives, qui va permettre d'écarter
l'arcade dentaire supérieure et les cavités nasales
en même temps que l'on rapproche les orbites.
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Asymétrie
Orbitaire, Dystopie Orbitaire |
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Selon les cas, on mobilisera uniquement une orbite pour l'amener
au niveau voulu, ou bien, les deux orbites simultanément
si un hypertélorisme est associé.
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Distraction Osseuse et Traitement des Faciocraniosténoses |
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Le traitement chirurgical des faciocraniosténoses est un
problème complexe qui doit répondre à deux
nécessités : prévenir la dégradation
fonctionnelle cérébrale causée par la
craniosténose (qui est le plus souvent bicoronale ou multiple) ;
obtenir la meilleure morphologie possible par une correction de la
rétrusion faciale qui est responsable de l’exorbitisme
(qui peut menacer la vision lorsqu’il est important) et de la
réduction des voies aériennes supérieures qui gêne la respiration.
La prise en charge conventionnelle du problème crânien
repose sur l’augmentation du volume crânien qui est
réalisée au mieux avant l’âge d’un an
par un avancement fronto-orbitaire. Cette intervention cranio-orbitaire
permet de résoudre dans l’immense majorité des cas
en une seule fois le problème de la craniosténose. La
croissance cérébrale étant presque terminée
à l’âge de trois ans, les risques fonctionnels
cérébraux sont rares après cet âge.
Pour ce qui est de la rétrusion faciale, la correction peut
être effectuée à un âge variable selon
l’importance de la déformation qui conditionne son
retentissement esthétique et fonctionnel. L’âge de
fin de croissance facial étant de 16-18 ans, c’est
à cet âge là qu’il faudrait
théoriquement opérer si l’on voulait corriger en un
acte définitif les malformations faciales. Si cette
stratégie est applicable pour des déformations minimes,
il n’est pas possible de retarder la correction faciale
lorsqu’une demande existe chez les enfants atteints de
malformations plus sévères, sous risque d’engendrer
une gêne psychologique majeure. Dans ce cas, on peut
opérer plus tôt sous réserve d’accepter de
devoir recommencer au fil du temps puisque le défaut
génétique de croissance persistera.
Généralement, l’importance des interventions
diminue au fur et à mesure des années.
Stratégie en deux temps :
Les techniques de distraction osseuse (distraction
doit s’entendre au sens inverse de contraction), consistent en un
adjuvant technique qui permet un écartement progressif des
structures osseuses. Ces techniques innovantes ont été
débutées en 1992 sur l’os mandibulaire (McCarthy
à New York, Molina à Mexico et Diner à Paris),
puis ont été progressivement appliquées à
l’ensemble des os du squelette crânio-facial.
Depuis 1995, nous avons appliqué dans notre unité les
techniques de distraction osseuse pour les avancements faciaux de type
Le Fort III. Cette utilisation répondait à la
nécessité de correction précoce de la
rétrusion faciale chez de jeunes enfants qui en formulaient la
demande ou qui présentaient une gêne respiratoire
(ronflements, apnées du sommeil ou hypoxémie dans les cas
plus sévères).
Cette stratégie n’en comprend donc pas moins deux temps
principaux (le temps crânien et le premier temps facial avec
distraction), puis des interventions faciales mineures. Cette
stratégie reste donc classique, même si l’apport de
la distraction a permis d’augmenter l’efficacité
chez des enfants plus jeunes ;
La statégie en un temps existe pourtant depuis longtemps, mais
avait été presque abandonnée du fait des risques
encourus: l’avancement fronto-facial monobloc (AFFM, 1978,
Ortiz-Monasterio) est l’intervention qui permet de corriger
l’ensemble des déformations en agissant
simultanément sur l’étage frontal et facial. Mais
cette procédure, techniquement complexe, résulte en deux
conséquences inévitables, d’autant plus dangereuses
qu’elles sont associées : un espace mort
rétro-frontal et la mise en communication de cet espace mort
avec la partie haute des fosses nasales lors de
l’ostéotomie de l’étage antérieur
crânien. Des conséquences morbides majeures
(méningite, nécrose frontale) peuvent engager le
pronostic vital, notamment lorsque la réexpansion
cérébrale antérieure n’est pas assez rapide,
ce qui est le cas chez l’adulte ou le grand enfant. Ces risques
ont contraint la plupart des équipes à réduire
drastiquement les indications de l’AFFM classique, même si
quelques modifications techniques complémentaires ont
été proposées afin de tenter de diminuer sa
morbidité : réparation de
l’étanchéité de l’étage
antérieur, comblement de l’espace mort par un lambeau ou
dédoublement du front.
L’utilisation de la distraction osseuse pour l’avancement
fronto-facial monobloc est pratiquée depuis l’année
2000 dans notre unité et nous avons opéré plus de
40 cas selon cette technique avec des résultats, dans la
majorité des cas, très intéressants, surtout pour
l’amélioration respiratoire et pour la correction de
l’exorbitisme. La morbidité de cette intervention a pu
être réduite considérablement grâce à
la distraction. Nous avons réalisé notre protocole avec
deux paires de distracteurs externes, ce qui semble augmenter
l’efficacité de la procédure, tout en diminuant la
morbidité. L’expérience progressive de cette
technique nous a conduit à proposer des modifications
successives dans la technique chirurgicale ainsi que dans le protocole
de distraction.
Technique chirurgicale et distracteurs :
La technique chirurgicale utilisée est une ostéotomie fronto-faciale de type «
monobloc », l’une d’entre elle ayant
été réalisée sans dépose du front.
La disjonction ptérygo-maxillaire bilatérale ainsi que la
section des structures médianes sont
systématiquement réalisées, ce qui permet une
mobilisation per-opératoire fronto-faciale complète.
Les distracteurs utilisés sont des prototypes
manufacturés par Martin-Medizin, avec cylindre
activé par un flexible percutané. Deux types de
distracteurs sont nécessaires : distracteurs
fronto-craniens utilisés dans la région supra-orbitaire,
distracteurs temporo-malaires à axe rotatif (modifiés par
rapport aux distracteurs initiaux produits chez MicroFrance-Xomed)
positionnés derrière les os zygomatiques. Les flexibles
d’activation sont toujours extériorisés
vers l’arrière pour les distracteurs inférieurs.
Pour les distracteurs supérieurs, ils sont
extériorisés vers l’arrière chez tous les
patients, sauf un, ce dernier ayant subi une extériorisation
antérieur trans-sourcilière, que nous ne
préconisons plus. Les vis de fixation de distracteurs
utilisées sont des vis résorbables (Bionix,
diamètre 2 mm), ou des vis de type Champy (2mm). Lorsqu’un
renforcement fronto-zygomatique était nécessaire, des
miniplaques résorbables ou métalliques étaient
utilisées. Chez un des patients opérés
secondairement, une reconstruction du bandeau lysé dut
être entreprise et une broche transfaciale de Staca
(diamètre 2.5 mm) selon Pellerin, était connectée
à l’extréminté antérieure des deux
distracteurs temporo-malaires pour renforcer le montage et
prévenir la bipartition faciale incontrôlée.
Protocole de distraction :
Le protocole de distraction était classique chez les quinze
premiers patients, à raison d’une activation quotidienne
d’environ 1 mm sur chacun des 4 premiers patients. Le
début de la distraction était différé
à J7 ou J8. Durant cet intervalle post-opératoire
immédiat, aucun épisode infectieux majeur
n’était noté, mais un fébricule à
37°5 – 38° était présent chez tous les
patients durant les premiers jours. L’avancement
réalisé était chaque jour de 0.9 mm sur les
distracteurs frontaux (3 tours de 0.3 mm) et de 1 mm sur les
distracteurs temporaux (2 tours de 0.5 mm). La distraction était
poursuivie jusqu’à butée maximale (15 mm) sur les
distracteurs frontaux, ce qui nécessitait 14 à 17 jours
selon l’écartement initial des cylindres. La durée
d’activation temporo-zygomatique était supérieure
car les distracteurs temporaux n’ont pas de butée
limitante, et était de 20 à 28 jours jusqu’à
obtention d’un articulé en classe I. A la fin de la
période de distraction, les flexibles d’activation
étaient sectionnés au ras de la peau et leur retrait
était programmé, après un délai d’au
moins 3 mois après l’intervention chez les 6 premiers
patients, puis progressivement allongé jusqu’à neuf
mois maintenant, afin de diminuer le recul secondaire
précoce.
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