INDICATIONS - CHRONOLOGIES
DU TRAITEMENT
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Les malformations craniofaciales sont très
variées, et la période préférentielle
pour la correction diffère selon les cas : une intervention
est souhaitable pendant la première année de la
vie - et même les premiers six mois - pour les craniosynostoses
isolées, et on attendra l'âge de 4 à 5 ans
pour corriger un hypertélorisme.
A côté de l'aspect morphologique de
la déformation existe un côté fonctionnel
: le cerveau est-il comprimé, existe-t-il des anomalies
associées, y a-t-il des problèmes de respiration,
de vision ?
Il est donc essentiel de consulter une équipe
craniofaciale pendant les premiers mois de la vie pour :
- établir un diagnostic,
- évaluer la gravité de la situation,
- déterminer un plan de traitement.
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Craniosténoses |
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La période idéale se situe entre 4 mois et 1 an,
selon l'anomalie.
Rappelons la fréquence actuelle des « fausses
craniosténoses », des déformations positionnelles,
simples à traiter
(cf « affections traitées »).
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Faciocraniosynostoses
(Crouzon, Apert, etc.) |
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Une intervention sur la partie frontale et crânienne est
également habituellement nécessaire entre 4 et 12
mois.
La rétrusion faciale est corrigée plus tard, et
pour les cas sévères, avant l'âge scolaire,
vers 5 ans. Dans des formes moins marquées, on attend la
dentition définitive, vers 12 ans.
Ce protocole peut être modifié :
- en cas de rétrusion majeure avec
problèmes respiratoires ;
- par l'utilisation de la distraction
progressive dans des cas sélectionnés.
Dans la plupart des cas, un avancement de la mâchoire
supérieure par voie buccale (Le Fort I) sera nécessaire
à l'adolescence, de même que différentes interventions
esthétiques sur le front, le nez, les paupières,
le menton, pour obtenir le meilleur résultat possible.
Le principe de correction
simultanée des rétrusions frontales et faciale
d’une faciocraniosténose est certainement satisfaisant,
mais la morbidité inhérente à un avancement
fronto-facial monobloc de type classique est importante (50 %), ce qui
en a limité les indications qui doivent être
discutées avec grande précaution.
Les techniques de distraction utilisées initialement à la
mandibule ont été progressivement appliquées
à tous les os du squelette craniofacial, ce qui a
simplifié les procédures. Cette adjonction de la
distraction à la plupart des interventions craniofaciales a
permis la progressivité des modifications morphologiques tout en
réduisant la morbidité, ce qui a été
confirmé également pour l’avancement monobloc dans
certaines séries limitées, ainsi que dans notre
expérence. Nous avions observé initialement une
morbidité très faible, mais l’augmentation de notre
expérience a apporté quelques complications, ce qui nous
a conduit à définir notre protocole en fonction des
proportions suivantes :
Nous proposons :
- une fixation des distracteurs par vis
métallique exclusivement, car la période de
rétention est allongée à 6 mois. Un nouveau type
de fixation résorbable est à l’étude.
- des renforcements par ostéosynthèse résorbable, si besoin,
- l’utilisation systématique des bouchons
de Molina à l’extrémité du distracteur
temporo-malaire,
- la réalisation d’une obturation de la déhiscence des fosses nasales,
- une disjonction ptérygo-maxillaire
complète et la section des structures médianes avec
contrôle de mobilisation per-opératoire,
- l’avancée immédiate d’au
moins 5 mm sur table, afin d’augmenter d’emblée le
volume intracrânien,
- l’encollage de poudre d’os dans la
région coronale afin de favoriser la réossification
ultérieure,
- le maintien en USI systématique avec intubation prolongée au moins 24-48 heures.
- le début de la distraction différée à J7 et à J15 en cas de fuite de LCR,
- une vitesse de distraction réduite à 0.3 – 0.5 mm/j,
- Le maintien des distracteurs au moins six mois
après la fin de la distraction (ce qui contre-indique
l’utilisation de distracteurs externes).
Le protocole
d’antibiothérapie préventive reste un
problème non encore standardisé car il dépasse les
cadres habituels de la chirurgie : en effet, l’association
d’une utilisation de distracteurs concomittante d’une
ostéotomie complète de type fronto-faciale, pose le
problème d’une implantation transitoire de
prothèses constamment contaminées. Nous avons opté
actuellement pour une antibiothérapie préventive de
courte durée (48 h) initiée à l’induction,
avec une reprise ultérieure en cas de symptomatologie clinique
infectieuse, mais il se pourrait qu’une antibiothérapie
préventive sans cible spécifique soit utile durant toute
la période de distraction, malgré le risque de
sélection bactériologique qu’elle engendrerait.
L’absence d’ossification induite au niveau des lignes
d’ostéotomie frontale est en contradiction avec
l’habituelle ostéogénicité retrouvée
dans les protocoles de distraction usuels. Cela ne devrait pas poser un
problème si cette intervention est proposée
précocément car l’ostéogénèse
secondaire crânienne est possible avant l’âge de deux
ans, ce qui renforcerait notre conviction de son intérêt
précoce avant un an. Il se poserait alors le problème du
choix de la stratégie en un temps qui pourrait être
adopté en routine, si la morbidité réduite et la
stabilité des résultats se confirment. Alors que
l’avacement frontofacial monobloc nous semblait devoir être
limité aux formes majeures néonatales, ou aux formes
tardives mineures et harmonieuses, le recours à l’AFFM
avec distraction pourrait être beaucoup plus fréquent.
L’évolution à moyen terme de cette série
préliminaire pourrait orienter la confirmation d’une
stratégie en un temps, tout en sachant que des interventions
secondaires mineures resteront indispensables au cours de la croissance
ultérieure altérée des faciocraniosténoses.
Afin de réduire les risques de la prise en charge de routine des
faciocraniosténoses, une stratégie en deux temps est
restée communément pratiquée depuis vingt ans car
elle a permis de dissocier les problèmes et de séparer
les risques. La prise en charge par avancement frontofacial monobloc
permettrait de conjuguer les deux temps en un temps majeur, avec des
risques réduits. C’est probablement la seule façon
de sevrer ou d’éviter une trachéotomie
précoce.
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Hypertélorisme,
Fentes Faciales Médianes, Encéphalocèle |
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Quand il existe un élargissement de la distance normale
entre les yeux, une évaluation précoce doit être
faite, car il existe des cas où il faut faire une intervention
précoce sur le front et le crâne (association avec
une craniosynostose ou un encephalocèle), ou bien les paupières
ou le nez.
Dans la plupart des cas, on ne va pas intervenir
avant que l'enfant ait atteint 4 ou 5 ans.
Les orbites et les yeux seront alors rapprochés et les
autres anomalies corrigées simultanément.
Des interventions limitées sur le nez et
les paupières sont souvent nécessaires ultérieurement.
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Fentes
Latérales impliquant les Orbites, les Paupières, les
Oreilles (Fentes faciales de Tessier, Franceschetti-Treacher-Collins,
Syndrome Vème arc) |
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Une anomalie des paupières est une situation d'urgence,
et une reconstruction de la paupière doit parfois être
faite immédiatement en post-natal pour protéger
les yeux.
Un remodelage crânien est quelquefois nécessaire
précocement, mais habituellement, on attend quelques années
avant de commencer la réparation. La distraction progressive
a des indications, surtout pour la mâchoire inférieure.
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Neurofibromatose
Orbito-palpébrale et faciale |
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Une évaluation doit être faite dès que l'anomalie
est détectée, mais les opérations précoces
sont rares, à l'exception de l'hypertrophie de la paupière
supérieure qui peut être corrigée rapidement.
Un œil saillant, une exophtalmie, peut être corrigé
par une opération craniofaciale, mais le moment choisi
varie selon les cas.
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Dysplasie
Fibreuse, Hyperostoses |
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Le développement est lent, et le diagnostic souvent tardif.
Chaque cas doit être évalué et l'étendue
de la lésion va conditionner les possibilités opératoires.
La surveillance ophtalmologique conditionne le traitement : en cas de
dégradation de l’acuité visuelle ou des champs
visuels, un bilan complet doit être réalisé et une
intervention chirurgicale doit être discutée
précocément. Depuis peu, un traitement médical est
en cours d’évaluation (2005).
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Séquelles
post-traumatiques |
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Habituellement, il faut attendre un minimum de 6 mois pour évaluer
le résultat de la réparation faite en urgence, le
temps pour les tissus de dégonfler et de s'assouplir.
Un bilan sera alors fait, avec un bon scanner, et un plan de traitement
pourra être proposé.
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